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Love & Mercy, le film

image du film, Paul Dano en studio avec les chiens Love & Mercy, le film biographique consacré à Brian Wilson est sorti sur les écrans américains le 5 juin 2015. Son titre provient d'un morceau du même nom figurant sur le 1er album solo de l'homme sobrement intitulé Brian Wilson paru en 1988.
Le film réalisé par Bill Pohlad, présente dans une narration parallèle et entrelacée deux époques bien différentes de la vie de Brian Wilson, les années 1966/1967 et les années 80. Le scénario, co-écrit par Oren Moverman et Michael Alan Lerner, est basé sur le livre Heroes & Villains de ce dernier.
Pitch : après les succès du début des années 60 que l'on connait, Brian Wilson a renoncé aux tournées et se lance dans ce qui restera comme son oeuvre majeure, l'enregistrement de l'album Pet Sounds. Puis l'abus de substances diverses, les difficultés relationnelles et l'incompréhension avec une partie de son entourage, les voix et la musique qu'il entend dans sa tête lui font perdre les pédales et ce sera le fiasco du projet Smile. Dans les années 80, Brian Wilson est un homme confus et cassé, sous influence pharmaceutique permanente et est entre les mains de son thérapeute, le Docteur Eugène Landy. Il rencontre alors Melinda Ledbetter qui l'aide à ce sortir des griffes de Landy.

Il avait été question d'une adaptation théâtrale de la vie de Brian Wilson dès 1988 tandis qu'un premier projet de biopic est apparu en 1999, relancé en 2006, sans que tout cela n'aille très loin. Obsédé par le coffret des Pet Sounds Sessions, Bill Pohlad s'est montré rapidement intéressé quand les producteurs Claire Rudnick Polstein et John Wells ont repris l'idée. L'annonce de la mise en pre-production du projet est faite le 23 juin 2011.
Bill Pohlad fait appel à Oren Moverman, scénariste de l'original biopic consacré à Bob Dylan I'm Not There (2007), pour revoir un premier projet de scénario et réaliser le film. Sa première volonté était de le produire, pas d'être à la mise en scène. Mais, devant la vision claire que Pohlad avait du sujet, Moverman lui a rapidement suggéré de prendre en main la réalisation.
Les Wilson sont rapidement associés au projet et c'est Melinda qui s'occupera des relations avec l'équipe du film.

Les modifications tant psychologiques que physiques de Brian Wilson au cours des différentes périodes de sa vie emportent assez rapidement la décision de faire jouer Brian par deux acteurs différents. Paul Dano joue Brian "jeune" et John Cusack Elisabeth Banks film Move & Mercy John Cusack prend le rôle pour la seconde période. Elisabeth Banks tient le rôle de Melinda Ledbetter pendant que Paul Giamatti joue le Docteur Landy.

Le tournage a lieu en Californie, débute en juillet 2013 et dure 35 jours. Pour les scènes des années soixante, le Directeur de la Photographie, Robert Yeoman, délaisse le numérique et choisit de tourner en Super 16 mm. Les scènes en studio sont en partie filmées dans les lieux utilisés par Brian Wilson à l'époque (Salle #3 du East West Studios, ex-United Western Recorders, par exemple). Elles sont filmées comme un documentaire. Les décors, réalisés d'après photos et films d'époque, reconstituent minutieusement l'environnement du musicien. Le film est finalisé en début d'année 2014.
Le compositeur anglais Atticuss Ross est chargé de la musique originale. Darian Sahanaja, membre du groupe de Brian Wilson, est consultant musical et sert de coach à Paul Dano.

La première du film a lieu en juillet 2014 au Festival International de Toronto (Canada) en présence de Brian et Melinda Wilson. Il est présenté en Europe à la 65ème Biennale du film de Berlin en février 2015 puis aux Etats-Unis au South By Southwest Film Festival en mars.

Dans une analyse centrée "faits et fiction", le site américain Slate note que "si le film peut faire quelques ajustements pour simplifier la vie du musicien, il est généralement assez méticuleux dans la présentation des événements de la vie de Brian Wilson". Le site Vulture.com précise que ces écarts avec la vie réelle n'ont que peu d'importance et ne change pas le fond de l'histoire. Ce respect de la vie réelle est une des belles réussites du film même si certains éléments racontés, parfois brièvement, inconnus du néophyte, pourront apparaître à des spécialistes comme des "clichés" (voir ci-dessus l'article du Dr Faustroll). Le rôle de Melinda Ledbetter dans la rédemption de Brian Wilson est bien évidemment romancé. Après tout, il s'agit d'une oeuvre de fiction basée sur des faits réels, pas d'un documentaire. Il peut par contre être reproché au scénario de faire l'impasse sur le combat essentiel mené par Gary Usher en faveur de Brian, alors que le rôle joué par la famille Wilson, notamment Carl, n'est qu'évoqué.

Le film est très bien reçu par la critique à travers le monde. Lire ci-dessous pour ce qui est de la France.

Le film sort en France le 1er juillet 2015.

Sources : Wikipedia

Dans la presse

Les articles et chroniques ont été nombreux dans la presse à l'occasion de la sortie du film en France le 1er juillet 2015. Et les critiques sont dans l'ensemble très favorables à ce film réussi.

Merci à Gérard H. pour sa précieuse aide dans la réalisation de cette compilation.

Biennale 2015, Berlin

Notre reporter, Julien E., a pu assister à l'une des projections lors de la Biennale de Berlin et nous livre ses impressions :
"Francois Truffaut disait qu'il est "présomptueux de parler d'un film que l'on n'a vu que trois fois". Ce que je peux toutefois dire, c'est que ces deux heures m'ont dans l'ensemble profondément ému et très régulièrement époustouflé. J'ai trouvé pour commencer les deux acteurs jouant Brian excellents. Paul Dano incarne avec élégance le Brian mid-60's et offre une ressemblance physique avec le maître assez convaincante. John Cusack ne ressemble guère au Brian des années 80, mais il compense ce handicap par un jeu d'acteur fin, se glissant à merveille dans la peau de cet homme abîmé par tout ce que l'on sait, maladroit et paumé, sous la haute surveillance du Dr Landy. La tristesse enfantine de son regard, conjuguée à son intelligente adaptation du wilsonien (c'est fait avec délicatessse et beaucoup de respect) m'a quelquefois bouleversé. Le film porte un regard appuyé sur la période "Pet Sounds"/"Smile", et sur les années 80 - les deux époques se trouvant connectées par plusieurs flashbacks et flashworwards. J'ai trouvé la bande son, en tout cas le travail sur le son et la musique franchement merveilleux. La musique (sa conception, son enregistrement) est vraiment au centre du film, et elle y rayonne, loin des clichés encombrants continuant à peser sur le groupe. Il y a donc de l'espoir quant au fait que le film fasse de nouveaux adeptes à la musique 60's des Beach Boys. La reconstitution d'époque m'a semblé très réussie et pointilleuse, avec mille détails à scruter. Paul Dano film Move & MercyIl y a ceci dit forcément des choses à redire, et je ne doute pas que la sortie du film en juin prochain occasionnera quelques belles foires d'empoignes sur les forums. J'ai trouvé, par exemple, le personnage du Dr Landy un peu trop simplistement présenté, et la place et le rôle de Melinda un peu trop encombrants (de quoi estimer qu'elle a eu un rôle non négligeable dans l'affaire). On peut aussi juger que les autres Beach Boys, bien qu'adroitement interprétés, demeurent un peu trop au second plan de l'histoire. Mais le film porte vraiment sur Brian, ses exploits, ses chutes, et son payage mental. Et il m'a semblé qu'il était dans l'ensemble une vraie belle réussite dans sa volonté de montrer cela, et de rendre justice à son immense talent. J'y ai cru tout le long. Si Brian lui même a dit lundi à Berlin que visionner le film avait été pour lui une expérience très perturbante, c'est qu'il s'y est aussi vraisemblablement reconnu."

Love & Mercy, les effets d'un second visionnage

Décevant, donc

Après la sortie du coffret SMiLE en 2011 puis la tournée anniversaire en 2012, c’est donc un biopic consacré à Brian Wilson qui est sorti cette année, dû à Bill Pohlad, producteur entre autres du Tree Of Life de Terence Malick. Le résultat est à la fois surprenant et décevant.

Surprenant car les scénaristes, plutôt que de nous conter chronologiquement la vie de Brian (mais il n’y aura aucune allusion aux Monty Python), ont choisi de centrer leur récit sur deux périodes très éloignées dans le temps : la période décisive des années 65-66 qui virent la réalisation de Pet Sounds et le marasme de SMiLE ; la seconde moitié des années 80 et l’ère Landy. Et, un peu comme l’avait fait Todd Haynes pour Dylan (I’m Not There), ce sont deux acteurs, Paul Dano et John Cusack, qui interprètent Brian. Le film fait de constants allers et retours entre ces deux périodes, établissant une division du récit assez classique, reprenant le sous-titre du livre Peter Ames Carlin paru en 2006 : The rise, fall & redemption of Brian Wilson. Et, disons-le tout de suite, cela fonctionne parfaitement bien, tant la vie de Brian ne cesse d’alterner depuis les années 70 entre la renaissance et la dégringolade, avec comme pôle d’attraction principal, la période Pet Sounds, ce que son dernier album en date, souligne lourdement. La période Capitol 62-64 est rapidement évoquée au gré de quelques images de concert ou d’enregistrements, s’attardant évidemment sur l’épisode de l’avion en 64, premier signe tangible de la crise à venir. La période Pet Sounds-SMiLE est largement fondée sur les images et photos d’époque avec un effort de reconstitution extraordinaire et Paul Dano y campe un Brian absolument parfait. On aura sans doute compris que c’est sur la deuxième période que la déception apparaît

Décevant donc, non pas en raison des acteurs : John Cusack est parfait, bien qu’au contraire de Paul Dano, il n’ait pas cherché à ressembler au Brian des années 80. Non, c’est le scénario qui souffre ici d’un manque cruel d’originalité, cette période sombrant dans une sorte de Love Story à l’américaine, avec gentils et méchants, et happy end obligée. On comprend un peu d’où vient le problème quand, au générique final, le metteur en scène remercie chaleureusement Brian et Melinda pour leur aide et que Melinda, accompagnée d’un Brian monolithique, est allée sur tous les plateaux de télé américains dire tout le bien qu’elle pensait du film. C’est que toute cette période n’est vue qu’à travers son regard, aucun contrepoint n’étant jamais apporté. Il n’est pas question de dire que le docteur Landy était un saint, mais certainement pas le personnage finalement grotesque que l’on voit dans le film (et on ne peut pas dire que l’interprétation outrée de Paul Giamatti cherche la subtilité) ; quant à l’image de la dévouée Melinda, elle mériterait certainement elle aussi d’être nuancée. Pour cela, il aurait fallu une enquête plus développée des années Landy, plutôt que de se contenter du seul témoignage de Melinda. Le film semble dès lors illustrer une version très révisionniste de la vie de Brian qui, débarrassé de Landy et retrouvant Melinda, n’aurait plus vécu depuis lors qu’une vie heureuse et tranquille. On sait qu’il n’en est rien et que les problèmes de Brian n’ont pas cessé après Landy, même s’ils furent moins médiatisés et plus étouffés. Cette partie du film témoigne donc surtout d’une certaine fainéantise qui, par contrecoup, gangrène même la période Dano car, comment ne pas voir que, passée la reconstitution minutieuse des enregistrements de Pet Sounds, tous les clichés y sont: la remarque de Mike sur la formule et son questionnement sur les textes de SMiLE, la vente par Murry du droit des chansons des Boys, le bac à sable et la tente, sans oublier le portrait caricatural de Dennis (obsédé sexuel) et de Carl (louvoyant constamment)…

Il est donc regrettable que l’innovation formelle dont témoigne le film et qui l’éloigne des biopics habituels n’ait pas touché un scénario d’une grande platitude.

Fiche Technique

Réalisation : Bill Pohlad
Production : Bill Pohlad, Claire Rudnick Postein & John Wells
Scénario : Oren Moverman & Michael Alan Lerner
Musique originale : Atticuss Ross
Photographie : Robert Yeoman
A River Road/Battle Mountains Films Production

Distribution :
Brian Wilson (60's) : Paul Dano
Brian Wilson (80's) : John Cusack
Melinda Ledbetter : Elisabeth Banks
Eugene Landy : Paul Giamatti
Mike Love : Jake Abel
Carl Wilson : Brett Davern
Dennis Wilson : Kenny Wormald
Al Jardine : Graham Rodgers
Murry Wilson : Bill Camp
Audrey Wilson : Joanna Going
Marilyn Wilson : Erin Maya Darke
Carol Kaye : Teresa Cowles
Hal Blaine : Johnny Sneed
Tony Asher : Jeff Meacham
Van Dyke Parks : Max Schneider
Chuck Britz : Mark Linett

Dates de sortie commerciale :
USA : 5 juin 2015
France : 1er juillet 2015

Récompenses :
Gotham Independent Film Awards : Paul Dano, meilleur acteur
Nashville Film Festival : Brian Wilson & Scott Benett, meilleure chanson originale (One Kind Of Love)
San Fransisco Film Critics Circle Awards : Paul Dano, meilleur acteur et Oren Moverman & Michael Alan Lerner, meilleur scénario original

Dvd/Blu-Ray

dvd du film
Sortie en France le 24 novembre 2015

Promo

Publicité américaine
publicité pour le film aux USA

Livret-programme
livret-programme japonais Livret-programme distribué dans les salles de cinéma au Japon avec présentation du scénario, du casting, courte biographie de Brian Wilson, interview de Bill Pohlad ...
(extraits du livret)

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Affiche du film Love & Mercy

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